| Escota ua pausa...après Auch-Albi |
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![]() Périodiquement, Soi d'Aci, auteur de Mon Gers vous livrera sa chronique pétillante et "gasconnante" sur l'actualité du FC AUCH Gers. 13 Février 2008- Auch / Albi - Aux larmes, Auscitains...
Escota ua pausa... Au sortir de la douloureuse série de matchs disputés ces dernières semaines, les cocktails de paracétamol et d'ibuprofène associés aux vertus diurétiques des feuilles d'artichaud en infusion seront d'un bien maigre secours pour vaincre l'encéphalite qui abîme les crânes auscitains. L'accumulation de défaites n'était pas une surprise en soi, si l'on compare avec objectivité les forces en présence. Dès la reprise, des régiments de Cassandre avaient déclamé que quand on part à la guerre armé de frondes, il est à craindre quelques déconvenues face à à une artillerie digne de ce nom. L'on comptait sur l'orgueil gascon et une marmitte de sortilèges laissée en héritage au fils par son sorcier de père aux semelles de vent. Las, si le FCAG ne vit plus d'expédients et s'est converti bon gré mal gré aux nécessités du professionnalisme , les efforts des uns et des autres sont encore insuffisants pour exister dans l'Univers impitoyable du TOP 14. Le navire auscitain donna rapidement de la gite en cédant en ses eaux aux Isérois, puis aux chasseurs de baleines ; et, s'il évitait la déculottée promise chez les bougnats, il ne pouvait échapper à la fessée des toulousains. Balloté d'écueils en récifs, c'est en radeau de la méduse que le FCAG s'apprête à passer le Cap de la moitié du championnat, les dernières sorties ayant sérieusement miné l'étanchéité de la coque et meurtri les supporters de l'équipage. Conscient des difficultés du haut niveau et des limites actuelles du groupe, les inconditionnels du Moulias pardonneraient volontiers à leurs protégés les défaites, une attaque atone, les coups de pieds de vieille asthmatique ou une descente en Pro D2 ( laquelle n'aurait rien en soi d'infâmant) pour peu que jamais le coeur et l'envie sur le terrain ne fassent défaut. S'il faut louer le labeur sincère du club, du staff pour mettre les joueurs dans les meilleurs conditions possibles, il faut tout autant saluer les efforts du public qui en moins d'un an est passé du stade de béret noir acariâtre à celui de supporter coloré et (presque) démonstratif. Pourtant l'apathie rouge et blanche inexplicable et inexcusable sur les rencontres face à Bayonne et surtout Albi, concurrents directs au maintien, a étreint le coeur des plus fidèles des fidèles. Vieille institution gasconne hantée par les fantômes hargneux de Mathalin et les ombres belliqueuses du Moulias, j'aime à croire que ce club n'a jamais galvaudé sa place dans une compétition quelle qu'elle soit. Et si la compétition induit nécessairement les notions de victoire et de défaite, il n'est de pire dégelée rugbystique en Gascogne que celle qui résulte du renoncement collectif. Passe le dépucelage de victoire albigoise au Moulias, s'il ne s'était agit d'un match capital et dont l'issue n'a procédé de la seule indigence d'une équipe d'Auch incroyablement vide de vertus collectives. Si le FCAG est devenu ce qu'il est, c'est parce-que sous ses chasubles rouges il s'est toujours trouvé un groupe solidaire et fier, "irréductible" comme le dit à l'envi son chantre maudit des ondes, où la pugnacité se met au service d'un idéal commun. Par devoir envers cet héritage, ce patrimoine plutôt, il appartient à tous de laisser de côté les chicaneries et les dissensions nées de la répétition des échecs. Se remettre à l'ouvrage, ignorer l'odeur du sang et les coupeurs de têtes. Pour que sonne le cor de la révolte sur le pré, il faudra sans doute se dire les choses entre hommes dans l'intimité des vestaires. Peu importe le moyen finalement, pourvu que l'on retrouve de la tripe et du coeur comme étendard de la maison rouge et blanche. Aux pleurs des tribunes il faut maintenant substituer des larmes de rage, des sanglots de hargne, des envies d'émeute. Il reste seize matchs et il ne faudra rien lâcher. J'ai déjà pu écrire par ailleurs que les défaites ne sont jamais que l'écume des jours. Le déhonneur, lui, ne réside que dans le renoncement. Il en va ainsi pour tous, joueurs, dirigeants, bénévoles et supporters. Avec la défaite d'Albi se sont peut être éteints les derniers lampions de la fête et le miroir aux alouettes d'un avenir dans l'élite. Retour en Pro D2... Et alors ? Même à un contre cent le Gascon, courageux par condition, téméraire de naissance, frondeur par conviction, se doit de croiser le fer comme l'exige sa légende. Vainqueur ou défait qu'importe, il suffit de savoir que le Moulias aimera toujours celui qui, présent sur le pré, garde le front haut et conserve ... son panache. Allez Auch ! et adishatz a tots. Réagissez à "Escota ua pausa..." sur le forum des Supporters. |
