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Périodiquement, Soi d'Aci, auteur de Mon Gers vous livrera sa chronique pétillante et "gasconnante" sur l'actualité du FC AUCH Gers. 18 Mars 2008- Bourgoin/Auch: FCAG, le Rugby Intraitable ! Escota ua pausa...
Samedi, le FC Auch Gers pénétrera dans l'antre des ciel et grenat pour tâcher de rendre la monnaie de leur pièce à des Isérois venus s'imposer sur le fil au Moulias en novembre dernier. Du festin du Top 14, il ne reste aux Gersois que quelques miettes, mais ces derniers savent faire bombance de peu : s'il ne reste que la peau du canard, on peut encore faire des fritons. Et les fritons c'est excellent !
Les Sudistes nombrilistes que nous sommes doivent bien humblement reconnaître que si les hauts plateaux de l'Isère et du Rhône à portée de drop des massifs alpins ont la tuile moins romaine, les apéritifs moins anisés et les accents moins chantants, les cœurs de ces contrées sont bien autant ovales qu'en lisière des Pyrénées. En attendant la renaissance du LOU ou celle encore plus hypothétique du La Voulte Sportif, certaines citadelles historiques peinent ici comme ailleurs à tenir leur rang. Bourgoin n'est pas de celles-là. Rajon ne connaît pas la souffrance de Lesdiguières à Grenoble pas plus que celle de Jean Etcheberry à Vienne. Locomotive du rugby de Rhône-Alpes, le CSBJ affiche la mine fraîche et pimpante d'une marguerite des prés. Son président-mécène s'efforce quant à lui d'alimenter la chaudière à grand renfort de barquettes de betteraves rouges et autres méli-mélo de carottes-céleri vendues aux estomacs de France.
Il n'est pas un Gascon d'hier et d'aujourd'hui qui ne conserve dans un canton de son panthéon intime le souvenir ému d'une grand-mère experte dans les plaisirs de la table. Véritable conservatoire culinaire de la grande Occitanie occidentale, le Gers recèle dans ses souillardes et ses arrières-cuisines une mémoire gastronomique que les mémés gasconnes en tablier bleu et espadrilles ont su élever au rang d'un art. Que ce soit slalomant entre les bérets noirs caramélisant sur le marché, pourchassant le poulet dominical dans la basse-cour pour lui faire sa fête, ou encore œuvrant à thésauriser des conserves où foie gras, confit, salmis divers se font des passes croisées, nos rétines seront éternellement imprimées de leurs bons offices. Ma Mamie était évidemment de cette confrérie des culotteuses de toupin à la gourmandise joyeuse, chez qui, par exemple, la concoction de la garbure ou la réalisation du pastis taquinait le rite, la graisse d'oie était matière première, le soupçon d'armagnac cousinait avec la louche.
Le lecteur sagace aura dès lors bien vite deviné que derrière la pantomime sportive de samedi prochain sur l'herbe de Rajon, se cache en réalité un enjeu d'une toute autre ampleur que le gain du planchot. Il s'agira aussi pour nos poulets gersois de défendre un peu les couleurs de la gastronomie gasconne face à l'impérialisme agro-alimentaire des conditionnés fadasses. Sus aux barquettes du traiteur intraitable ! Salade gasconne et cous farcis Vs Piémontaise au jambon sous plastique ; Omelette aux cèpes Vs Taboulé à l'huile et concombres sauce yaourt.
En l'an 2008 ap. JC, un village résiste encore et toujours sur le pré comme dans les assiettes à la morosité ambiante et aux conformismes ternes.
Allez Auch ! Et Adishatz a tots. Réagissez à "Escota ua pausa..." sur le forum des Supporters.
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